Comprendre en 4 points pourquoi le Maroc n’a toujours pas de gouvernement

Kenza Soulaymani

Par le 25 février 2017 à 20:43

Eh oui, il fallait qu’on parle de cette crise politique. Le temps passe et notre gouvernement est toujours dans l’incapacité de former un exécutif. Ce blocage suscite l’intérêt de toute la presse nationale qui en fait sa une. Même les marocains apolitiques sont visiblement aux aguets.

Sitôt, politologues et spécialistes de la question s’adonnent à d’interminables analyses politiques. Si certains voient en ce retardement un signe de démocratie, d’autres rechignent cette situation qui vraisemblablement témoigne de notre impuissance à nous mettre d’accord sur la formation d’une coalition effective.

Maintenant la question que tout le monde se pose : Qu’est ce qui cloche au juste ? Pourquoi n’arrivons-nous pas à avoir un gouvernement opérationnel ? Welovebuzz vous explique les enjeux de ce blocage en quelques points.

1. Tout est question de sièges

Oui en effet, notre Benky national fut, en octobre 2016, le grand gagnant du scrutin avec 125 sièges. Mais oups, petit bémol ! Pour pouvoir gouverner et faire passer des lois (enfin, c’est ce qu’ils sont censés faire…) le parti au pouvoir a besoin d’une majorité (198). Vous l’aurez compris, Benkirane a besoin  de 73 sièges… MAIS COMMENT LES AVOIR ?

2. Le PJD à la quête des 73 sièges manquants

Seule solution qui s’offre à Benkirane : trouver une coalition gouvernementale et tel est le véritable dilemme. Dans la norme, le PJD doit se rallier aux partis dont l’idéologie est similaire ou légèrement semblable à la sienne. Faisant complètement abstraction sur ce détail fondamental, Benky arrive toutefois à dénicher 58 sièges en coopérant avec l’Istiqlal de Chabat et le PPS de Benabdallah. Pas mal ! Mais le compte n’y est toujours pas. Il en manque 15…

3. Akhannouch, le roi dans l’échiquier

Pour mettre fin à cette crise politique, Benky est obligé de partager le gâteau et il y a derrière un malabar du paysage politique national : le richissime Akhannouch. Eh oui, on ne baratine pas facilement le petit Akhannouch ! Pour se joindre à la coalition, l’ex ministre de l’agriculture et l’ami proche du roi a des conditions qui ne plaisent pas à notre Benky grincheux. Ce qu’il veut c’est :

  • Des ministères clés comme ceux des affaires étrangères, de l’intérieur, de l’enseignement et de la justice.
  • Le retrait du parti de l’Istiqlal.
  • La participation de l’USFP (avec au moins deux sièges).
4. Pourquoi Benky ne gouverne pas avec les 183 sièges à son actif ?

Oui on sait, vous vous êtes sûrement posés cette question. Pourquoi le PJD ne gouverne pas avec le nombre de sièges qu’il possède ? Eh bien c’est tout simple et tout bête. Après la formation du gouvernement, le premier ministre doit présenter son programme de politique générale au parlement et le soumettre à un vote de confiance. Et déjà, dès le premier coup, Benky a besoin d’une majorité qui voterait oui à ses orientations de gouvernance autrement, cela serait la confirmation d’une grande crise politique.

Kenza Soulaymani

Diplômée en journalisme et communication. Fervente admiratrice de la Grèce antique. Passionnée d'écriture et fouineuse de nature, je saurai dénicher pour vous le meilleur du net.

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