Devrais-je moi aussi quitter le Maroc et aller en France ?

Sarah Benfdil

Par le 16 avril 2018 à 14:54

« Ceci est un article d’opinion. Il n’engage que la responsabilité de son auteur et ne reflète pas l’orientation ou le point de vue du site. »

« Votre train aura 1h de retard Madame ». Décidément, j’allais encore passer plus de temps à attendre le train qu’à bord, mais depuis le temps que ça m’arrive, je n’attendais pas moins de l’ONCF.

Agacée et hors de moi, je me suis écartée de ce brouhaha infernal et j’ai commencé à parcourir tous les réseaux sociaux sans but précis, à scroller bêtement les pages pour voir défiler devant mes yeux des publications de personnes qui avaient décidément un meilleur dimanche que le mien. C’est à cet instant que je tombe sur un article qui traite le sujet de la fuite des ingénieurs marocains à l’étranger.

http://lavieeco.com

Selon l’APEBI – Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring – près de 600 ingénieurs quittent le Maroc chaque année pour aller travailler ailleurs. Ces chiffres sont tellement alarmants que des procédures ont été, ou seront, établies pour freiner cette migration collective des talents marocains vers l’Europe principalement et surtout vers la France.

Mais entre nous, moi qui suis toujours bloquée dans cette gare pourrie à attendre mon train, je ne sais pas ce qui les choque vraiment à ces gens-là ! On prétendra être choqué le jour où cette fuite ne sera plus justifiée, le jour où des mesures seront mises en place pour garantir des postes aux ingénieurs diplômés, qui soient à la hauteur de leurs espérances, le jour où l’intelligence de ceux-ci ne sera plus insultée et où leurs efforts seront récompensés, le jour où l’on n’osera plus proposer un salaire de 4000 dhs à un bac+5.

telegramme.info

« Le train en provenance de… ». Je suis réveillée de mes rêveries par une annonce de la demoiselle à la voix dégueulasse. Non, ce n’est toujours pas mon train qui arrive et aucun message ne défile pour annoncer le retard… Silence radio. Dans ma tête, ça bouillonne, je sens cette gare me confiner et j’étouffe. Je n’ai qu’une seule envie à cet instant là, prendre la fuite aussi et faire partie de ces 50 ingénieurs qui iront ailleurs ce mois-ci.

À vrai dire, cette assertion a été faite à chaud, mais je ne peux pas nier qu’elle résonne encore dans ma tête. J’ai du mal à me détacher de ma famille, de chmicha, de darija et de cette simplicité et cette authenticité qui a trouvé un moyen de perdurer malgré le stress quotidien, mais j’ai également des ambitions qui ne seront peut-être pas atteintes si je reste. Dilemme.

Mon train arrive enfin, avec un retard de plus d’une heure, mais ça ne me choque plus, rien ne me choque plus.

Sarah Benfdil

Je suis une magicienne des temps modernes. Entre mon métier et ma passion, chaque jour je crée des choses par la seule force de mon esprit.

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