Evènements de Oulad Ziane : L’arbre qui cache la forêt

Abdelouahed Ben Talha

Par le 29 novembre 2017 à 19:09

Vendredi dernier, des affrontements ont éclaté entre habitants et migrants subsahariens du côté de Ouled Ziane. Ces incidents, premiers dans leur genre, mettent le doigt sur le caractère imparfait de notre politique africaine, et ce, pour diverses raisons.

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Afflut massif des migrants subsahariens, motivations et intérêts antagonistes

Si aujourd’hui un grand nombre de noirs africains fuient leur pays, c’est pour des raisons économiques évidentes. Ceci dit, leur principale motivation est de rejoindre l’Europe en transitant par le Maroc. D’un côté, leur présence dans le royaume est donc temporaire, transitoire. Mais d’un autre côté, le Maroc est contraint, par ses engagements avec l’Union Européenne, à les bloquer dans la partie marocaine des frontières terrestres avec l’Espagne.

Le Maroc est aussi contraint par ses engagements africains. En effet, la politique africaine du royaume ne lui permet de les bloquer aux frontières sud. Mieux que cela, il régularise leurs situations comme signe de bonne volonté.

Il n’est donc pas étonnant de se retrouver avec une masse de migrants importante dont on ne contrôle pas l’entrée, mais dont on interdit la sortie.

Certains quartiers de nos grandes villes sont devenus aujourd’hui de véritables cocottes minute. Les quartiers populaires sont de base fortement concentrés, y faire cohabiter deux communautés culturellement aussi différentes est un exercice pour le moins périlleux. À la moidre brèche, cela s’embrase. Et c’est ce qu’il s’est passé vendredi dernier à Ouled Ziane.

Une politique marocaine défaillante

Une politique d’immigration doit être pensée en fonction des besoins humains d’un pays, des secteurs où il y a un déficit de main d’oeuvre, de démographie, etc. Un pays qui fait une politique d’immigration sans la penser court à sa perte.

Aujourd’hui, cet afflut est expliqué par nos politiques euro-africaines. Mais est-ce suffisamment justifiable ? Si la raison principale de l’arrivée des migrants subsahariens réside dans leur volonté d’aller en Europe, pourquoi les en empêcher ? Un pays souverain n’a pas à jouer le gendarme pour un autre, et c’est ainsi que les choses doivent être pour le Maroc aussi.

La Turquie utilise les migrants comme une arme de négociation redoutable. Contre une forte rémunération (entre 3 et 6 milliards d’euros), ce pays est « censé » garder les migrants chez lui. Ce qui ne l’empêche pas de les laisser circuler, histoire de faire monter les enchères. Grâce à cela, la rémunération est revue à la hausse à chaque fois, tandis que les migrants circulent toujours aussi librement. Mieux que cela, la Turquie a obtenu au forceps le droit de circuler dans l’espace Schengen sans visa à tous ses citoyens.

Ce pays est intéressant comme base de comparaison car, comme le Maroc, il a des conflits territoriaux sujets à tensions avec ses partenaires. Entre la menace pertpétuelle de scission du Kurdistan, et le territoire turc contesté à Chypre, les problèmes territoriaux ne manquent pas. Pourtant, la Turquie ne cède pas un gramme de ses intérêts et de ceux de sa population.

Le Maroc peut tout à fait défendre ses terres légitimes et non cédables (Sahara et enclaves espagnoles) sans obéir aux desiderata des unions Africaine et Européenne. L’intérêt du Maroc et de sa population priment avant tout. Les migrants sont une arme redoutable de négociation avec nos partenaires. Au lieu d’en faire une source de problème, il faut au contraire en faire la meilleure aubaine pour la défense des intérêts supérieurs du Maroc. C’est tout à fait réalisable et l’exemple turc en est la meilleure preuve.

Abdelouahed Ben Talha

Je suis passionné de nutrition et de gastronomie marocaine. Mon combat est de faire reconnaître que les deux sont complémentaires. Je suis également passionné de voyage et de découvertes, mais on dit que la plus belle chose à offrir au monde c'est soi. Alors j'aime les traditions et voue un culte déraisonné pour celles de notre pays.

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