Que s’est-il passé à l’ENCG Tanger ? Une étudiante nous raconte tout

Jihane Rouzaqui

Par le 21 mars 2014 à 12:57

Les étudiants de L’ENCG Tanger sont des combattants, et face à eux vous n’avez qu’à bien vous tenir. Protestations, arrêts des cours, grèves de la faim… tous les moyens sont bons pour faire entendre leurs voix.

L’histoire a commencé un jour de février, quand les étudiants ont décidé de crier haut et fort : Telles sont nos revendications. Et nombreuses, elles étaient : relations étudiants/professeurs, conditions du déroulement des examens, mais également la gestion des absences.

Pour en savoir plus sur histoire, nous avons interviewé Soukaina Boujarnija, militante et étudiante à l’ENCG Tanger.

Quel a été l’élément déclencheur des protestations ?

L’idée de dire non au mépris qui dure depuis 1995, date de la création de l’ENCGT, a trotté dans la tête de chaque personne ayant étudié à l’école. Seulement, on a toujours eu peur d’oser. L’élément qui a déclenché nos protestations était les résultats catastrophiques qu’ont affligés CERTAINS professeurs à l’ensemble des étudiants. Moins de 10% des étudiants de chaque promotion ont pu valider leurs modules durant le premier semestre de l’année universitaire 2013/2014: ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, un malheur qui a finalement joué en notre faveur et nous a permis de faire entendre notre voix.

Comment vous êtes-vous organisés ?

L’idée a été proposée par des étudiants de l’ENCGT. Nous avons attendu l’affichage des résultats de toutes les promotions pour répandre le message, par la suite, des votes ont été organisés afin d’élire les étudiants qui allaient nous représenter.

Quelles étaient vos revendications ?

Ce document en Arabe résume tout.

Qu’est ce qui a été le plus dur pour vous ?

L’expérience en elle-même a été difficile à traverser. Il y a eu le boycott des cours et des rattrapages, la grève de faim qui a duré 48h, l’affrontement avec quelques professeurs qui ont continué à nous mépriser et à nous menacer même pendant la période de nos manifestations, et surtout le fait de faire entendre notre voix et notre cause au monde extérieur.

Dans les autres ENCG, est-ce la même histoire ?

Oui, malheureusement le mépris est monnaie courante dans plusieurs universités au Maroc, pas toutes, certes, mais la majorité. Certaines de ces universités se sont même manifestées durant la période de nos protestations et ont pu obtenir des solutions satisfaisantes. Nous sommes fiers d’avoir peut être ouvert la porte du changement à l’enseignement supérieur au Maroc.

Quels sont les objectifs atteints ? Et quels sont les objectifs que vous n’avez pas réussi à réaliser ?

Nous avons insisté à ce que toutes nos revendications soient signées et réalisées parce que nous n’avons pas demandé quelque chose d’extraordinaire. C’était le cas, toutes les revendications ont été signées (ici et ici), nous travaillerons désormais sur le suivi de leur mise en application.

Qu’as-tu appris de cette expérience ?

J’ai d’abord appris à dire NON. À hausser la voix contre le mal et à oser le changement quand la cause est juste. J’ai connu plusieurs personnes formidables durant ces 5 semaines que je n’aurais pas pu connaître sans ces conditions peut être; des personnes qui, je suis sûre, seront de grands managers et leaders dans le futur car leurs principes sont : dignité, respect et engagement. J’ai appris de cette expérience que tout changement est possible quand on le veut profondément, quels que soient les obstacles, on peut arriver à ce que l’on espère vraiment et que le mépris et le mal ne durent jamais trop longtemps.

Qui sont les personnes qui ont été de votre coté et qui vous ont aidé dans votre combat ?

Nous tenons à remercier et à serrer très fort la main de toutes les personnes qui nous ont aidé à arriver à notre but; nos parents tout d’abord, ils ont été là avec nous, ont passé des jours et des nuits à l’école, sont entrés en négociation aussi afin de nous défendre, se sont battus aussi pour nous… Il y a aussi nos chers enseignants qui ont exprimé ouvertement ou pas leur soutien contre les méprisants et qui nous ont donné une lueur d’espoir pour aller de l’avant, Monsieur le Directeur de l’ENCG de Tanger qui nous a soutenu depuis le départ et qui nous a encouragé et aidé à aller de l’avant et à arriver jusqu’au bout de nos objectifs. Les lauréats qui ont toujours été là eux aussi durant ces 5 semaines pour venger le mépris qu’ils ont subi sans pouvoir lever la voix. Il y a aussi les médias et l’opinion publique qui ont aidé à faire entendre notre voix au monde extérieur de la meilleure image possible et sans falsification, dans la majorité des cas, des informations. Les autres universités qui subissent aussi le même mépris qu’on a subi et qui se sont jointes à notre cause volontairement… La liste est encore très longue et je ne peux me rappeler toutes les personnes qui ont été de notre côté parce qu’elles ont été bien nombreuses.

Vu sur WLB TV

Le sit-in

La grève de faim

Jihane Rouzaqui

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