Une Marocaine interdite d’aller au Liban, suite à sa nationalité…

Par le 1 avril 2019 à 14:22 - 498 réactions

C’est la nouvelle qui vient d’enflammer la toile. Sofia Slami, jeune marocaine, fondatrice du mouvement Houwa_Li_Hiya, inspiré de la campagne onusienne HeForShe pour inviter les hommes à agir en faveur des droits des femmes, s’est vue refuser l’octroi du visa pour aller au Liban suite à sa nationalité marocaine, alors qu’elle devait représenter le Maroc, au sein du « Gender Innovation Agora ». Voici son message qui retrace cette mésaventure.

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« J’ai un peu hésité avant de partager ma petite mésaventure mais ma position en tant que femme arabe qui prône l’égalité des chances ne me permet pas de rester silencieuse face à l’injustice.

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Pour ceux qui ne le savent pas, je représente mon pays, le Maroc au sein du « Gender Innovation Agora », lancé par le bureau arabe D’ONU FEMMES. Ce comité est un forum consultatif et une plateforme de dialogue avec des jeunes leaders de la région arabe. Nous sommes chargés de fournir une expertise sur les questions relatives à la jeunesse et au genre, d’encourager l’échange interculturel et de travailler ensemble sur des projets à forte valeur ajoutée. Ma première grande rencontre devait se faire cette semaine à Beirut, au Liban.

Première surprise: un blocage des autorités à cause de ma nationalité.

Oui, en 2019 votre nationalité peut être un grand frein dans la réalisation de vos projets et de vos rêves.

Malgré une invitation officielle du PNUD, mon billet d’avion, ma réservation d’hôtel, ma lettre explicative, mon attestation de travail, mon avis d’imposition, mes diplômes, mes fiches de paie ( car faut bien justifier qu’on a pas l’intention d’y rester), le consulat n’a pas voulu m’accorder le visa et a préféré envoyer ma demande à la sûreté nationale du Liban ( procédure qui prend 6 semaines)

Pire encore, le jour du dépôt de ma demande,on m’a conseillé de ne pas présenter le dossier car j’avais peu de chance de l’avoir en tant que marocaine. J’ai tout de même insisté car qui ne tente rien n’a rien…mais impossible.

Aujourd’hui je n’ai pas pu présenter mes idées, ni défendre les spécificités de mon pays, ni apporter des propositions, ni apprendre des expériences des différents représentants.

Aujourd’hui en tant que femme arabe et malgré tout ce qu’on peut promouvoir comme valeurs de fraternité nous sommes loin de cette union tant attendue par la jeunesse que nous sommes.

J’espère que nos états feront en sorte de soutenir nos ambitions et nos rêves en nous permettant une libre circulation sans discrimination liée au genre ou à la nationalité. »

– Sofia Slami

 

Journaliste et animatrice. Mon métier est ma passion... Âme rêveuse et joyeuse, mon bonheur ? Les animaux.

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