
Le dossier du Sahara marocain a basculé le 30 octobre 2026 à New York. Deux vetos croisés ont bloqué le renouvellement du mandat de la Minurso. Résultat : une page de 35 ans se tourne.
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Un vote transformé en bras de fer diplomatique
Créée en 1991, la Minurso devait organiser un référendum et surveiller le cessez-le-feu. Or, ce référendum n’a jamais eu lieu. Ce vendredi-là, le Conseil de sécurité examine deux textes concurrents. D’abord, il se penche sur le projet américain. Celui-ci recueille onze voix pour et trois abstentions. Pourtant, la Russie le bloque avec son veto. Ensuite, Moscou soumet son propre texte au vote. Il propose de prolonger la mission d’un an, sans rien changer. Mais il n’obtient que trois voix. Washington lui oppose alors son veto. Le suspense dure jusqu’au bout. Au final, aucun texte n’est adopté. Le mandat de la Minurso expire donc le 31 octobre.
Rabat parle d’un pas vers la clôture du dossier
Le Cabinet royal réagit le soir même. Selon lui, cette décision rapproche la clôture définitive du dossier à l’ONU. Concrètement, le personnel et les véhicules de la mission doivent quitter les provinces du Sud. Ses symboles doivent aussi disparaître dans les prochains jours. Par ailleurs, la question devrait sortir de l’ordre du jour du Conseil. Les rapports annuels du secrétaire général n’auraient plus lieu d’être. De même, les briefings de l’envoyé personnel prendraient fin. Rabat dénonce au passage les blocages entretenus par les autres parties. Toutefois, le Royaume réaffirme son attachement ferme au cessez-le-feu. Le calendrier ajoute une touche symbolique. L’annonce tombe en pleine fête de l’Unité. Elle précède aussi de quelques jours l’anniversaire de la Marche verte.
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L’autonomie s’impose comme cadre de référence
Ce dénouement s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années. En octobre 2025, la résolution 2797 avait déjà penché en faveur du Maroc. Depuis, la Minurso réduisait ses effectifs et fermait certains sites. En parallèle, Washington voulait couper dans les missions onusiennes jugées inefficaces. Aujourd’hui, Rabat revendique le soutien de plus des deux tiers des membres de l’ONU. Ces pays appuient le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine. L’Afrique francophone pèse lourd dans cette équation. Plusieurs de ses États ont ouvert des consulats à Laâyoune ou à Dakhla. Pour les analystes, le dossier passe de la gestion du différend à son règlement. Désormais, les regards se tournent vers la suite, à l’ONU comme sur le terrain.
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