La langue française serait-elle en danger dans les médias Marocains ?

Par le 15 avril 2012 à 19:05 - 15 réactions

L’un des sujets les plus discutés ces derniers jours concerne les médias marocains. Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a récemment déclaré, lors de la présentation aux médias publics des cahiers de charges fixant leurs obligations, vouloir plus de langue arabe et amazigh sur 2M et Al Oula, au détriment des langues étrangères, comme le français. En plus de l’arabisation accrue de ces chaînes marocaines, le gouvernement  compte les rendre plus religieuses. Le projet s’est vu récemment concrétisé et adopté par la Haute autorité de l’audiovisuel : Les nouveaux cahiers de charges des chaînes publiques sont dorénavant en vigueur.

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Mustapha El khalfi avait clairement manifesté son mécontentement du pôle audiovisuel public. Il n’aurait d’ailleurs pas cessé de blasphémer : « 40% seulement des téléspectateurs marocains regardent les chaînes nationales ».  Il veut imposer plus d’émissions religieuses, plus de bulletins d’information en langue arabe, au détriment de ceux en français.  « A Al Oula, les journalistes produiront dorénavant 3 journaux télévisés en arabe et un en amazigh (sous-titré en arabe) par jour. En termes de quota, 80% des quotas de la première chaîne seront en langue arabe et les 20% restant en amazigh (…) A 2M seront désormais produits au moins 2 journaux télévisés en arabe (à 12h45 et 20h45), un en amazigh, un régional et un cinquième (certainement décalé au-delà de 23 heures !) en français », explique le Soir Echos dans son journal du 9 avril.

Ouadih Dada, le présentateur du JT en français diffusé sur 2M tous les soirs à 20h45, est directement touché par ce brusque changement. Il devra dorénavant le présenter après 23h, une heure à faible écoute. « Sur le principe, étant donné que l’arabe est la langue officielle du pays, il n’y a rien de choquant à la favoriser et à la mettre en avant. Néanmoins, cela ne doit pas être fait au détriment des autres langues. Parce qu’on le veuille ou non, on est un pays francophone qui a une histoire avec cette langue », insiste Ouadih Dada. Le présentateur  pense aussi aux Marocains Résidents à l’Etranger, nombreux à vouloir rester informés sur leur pays, par l’intermédiaire de son journal. « Avec le décalage horaire actuel de deux heures, les MRE ne vont pas rester éveillés jusqu’à une heure du matin pour mes beaux yeux ! », lance-t-il.

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Seulement la langue et les horaires ne sont pas le seul problème ! C’est aussi une question de budget ! Oualdih Dada a tenu à clarifier les choses : « Ce nouveau gouvernement fait du bricolage. On fait ici et là des petites retouches. Mais quels problèmes cela va-t-il résoudre ? Où sont les professionnels qui vont mener à bien cette réforme ? Ils viennent de supprimer les publicités du loto à la télévision, qui représentaient tout de même 26 millions de dirhams. Ils vont faire comment pour compenser cette perte d’argent ? ».

La déclaration devient polémique et le buzz continue…

Jeune rédactrice en herbe. Elle aime défendre ses opinions et plaider pour les causes qui lui semblent justes. Passionnée par le milieu politique et le droit de manière générale, elle écrit beaucoup sur les phénomènes socio-politiques qui rythment la vie des citoyens marocains. Maria est aussi très féministe. Elle défend souvent dans ses écrits, les droits des femmes arabes mais aussi ceux des femmes du monde entier.

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