
Les centres d’appels au Maroc traversent une zone de turbulences inédite. Depuis le 11 août 2026, une loi française bouleverse un pan entier de l’économie du Royaume. Et l’onde de choc ne fait que commencer.
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Une loi française aux effets marocains
La France a changé les règles du jeu. Désormais, une entreprise ne peut plus appeler un consommateur sans son accord préalable. Ce consentement doit être clair, libre et vérifiable. Auparavant, le particulier devait s’inscrire sur une liste pour se protéger. Aujourd’hui, la logique s’inverse totalement. Le professionnel doit prouver qu’il a le droit d’appeler. Cette bascule vise à protéger les Français des appels intempestifs. Mais elle frappe de plein fouet l’autre rive de la Méditerranée.
Des dizaines de milliers d’emplois en jeu
Le Maroc paie cher sa dépendance au marché français. En effet, l’Hexagone représente près de 80 % de l’activité du secteur. Le ministre Younes Sekkouri évoque 40 000 à 50 000 emplois menacés. Les petites et moyennes entreprises pèsent plus de 60 % du tissu marocain. Ce sont donc elles les plus exposées. Le pays compte pourtant plus de 600 centres d’appels déclarés. En 2023, les investissements du secteur atteignaient environ 1,3 milliard de dirhams. Ce pôle attire massivement les capitaux étrangers. Aujourd’hui, cet équilibre vacille.
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La reconversion comme seule issue
Face au choc, les opérateurs cherchent déjà des relais. Beaucoup misent sur les appels entrants et le service après-vente. D’autres développent l’assistance technique et la gestion de la relation client. Certains explorent de nouveaux marchés francophones, comme la Belgique et le Canada. Quelques structures parient sur d’autres langues : allemand, néerlandais ou anglais. Toutefois, la concurrence reste rude. L’Inde, les Philippines ou encore l’Égypte cassent les prix. Le Maroc doit donc monter en gamme rapidement. La reconversion n’est plus une option, mais une nécessité.
L’intelligence artificielle, l’autre défi
La menace ne vient pas seulement de Paris. L’intelligence artificielle redessine déjà le métier. Des outils automatisés traitent les appels simples sans intervention humaine. Téléperformance a ainsi annoncé la suppression de 3 300 postes, dont plus de 1 000 au Maroc. Pourtant, tout n’est pas perdu. Selon les patrons du secteur, le démarchage pur ne représente plus que 15 à 20 % de l’activité. Le cœur du métier reste donc solide. Les prochains mois diront si le Royaume réussit sa mutation. L’enjeu dépasse largement une simple question de téléphone.
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