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Le Maroc et la Génération « call center » 

Par le 23 novembre 2021 à 18:44

 

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Au Maroc, les centres d’appels sont devenus la seule opportunité pour de nombreux jeunes diplômés à la recherche d’un emploi.

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« J’ai essayé de trouver un emploi en tant que professeur d’espagnol, mais il n’y a pas d’opportunités d’emploi dans cette spécialité », explique à elperiodico.com Oussama, un jeune Marocain qui travaille dans un centre d’appels à Casablanca. Il a commencé ce travail alors qu’il était encore étudiant en langues et communication à l’université et est toujours là, dix ans après avoir fini ses études universitaires, faute d’avoir trouvé un emploi.

 

« La plupart de mes camarades de promotion travaillent dans des centres d’appels. Au Maroc, il n’y a pas d’avenir professionnel », déplore Oussama. Comme lui, beaucoup de jeunes étudiants travaillent dans un centre d’appels pour joindre les deux bouts pendant leurs études. Le salaire pour une heure de travail dans ces espaces peut varier entre 20 et 30 dirhams (deux à trois euros). Ces dernières années, le nombre de centres d’appels a considérablement augmenté au Maroc. On en compte plus d’une cinquantaine à Casablanca, Rabat et Tanger. Plusieurs entreprises comme Easyjet, Vodafone, Orange, Amazon et Samsung entre autres, ont externalisé leurs services clients et les ventes au Maroc pour baisser les coûts.

 

Essam, 26 ans, a eu plus de chance. Après plusieurs mois de travail dans un call center, il a réussi à décrocher un emploi. Depuis la fin de l’été, il est traducteur-interprète dans un lycée de Cadix. « J’ai travaillé dans trois centres d’appels : à Casablanca, à Tanger et à Rabat. J’ai cherché un emploi. En vain », indique-t-il. Il raconte le stress permanent qu’on vit dans ce travail. « Dans le centre de Tanger, il y a tellement d’appels que vous ne pouvez pas vous arrêter une minute. Vous vous sentez très fatigué et stressé… surtout quand vous n’arrivez pas à atteindre vos objectifs », se souvient-il.

 

Selon les chiffres du Haut-commissariat au Plan, près d’un Marocain sur quatre, qui a fini ses études, est sans emploi. Pour Zoubeidi, médecin spécialiste des migrations et de la mobilité, « cette réalité existe depuis une dizaine d’années ». « Il y a une inadéquation entre le système éducatif et le marché du travail, donc l’option la plus simple et la plus accessible pour les jeunes ayant fait des études est de travailler dans des centres d’appels », explique l’expert. Et d’ajouter : « C’est très dur pour les diplômés, car c’est un travail systématique qui ne leur permet pas de développer leur carrière professionnelle ».

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