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L’arbitrage vidéo (VAR), le pire du football moderne ?

Par le 24 juin 2018 à 13:53

S’il est un sujet qui déchaîne les passions et qui crée systématiquement la polémique, c’est bien celui de l’utilisation de la vidéo dans le football. Entre progressistes et conservateurs, chacun y va de ses arguments et de son avis sur la question. La bataille d’intégrer l’utilisation de la vidéo dans le football semble avoir été gagnée par les premiers. Pour la première fois de l’histoire du football mondial, cette technologie est utilisée en Coupe du monde.

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Erreur de conception de l’arbitrage

Il y a trop d’injustices dans le football et la vidéo allait régler tous les problèmes. Les erreurs arbitrales n’allaient plus avoir lui vu qu’avec la vidéo, la vérité est toujours rétablie. Et surtout, il n’y aurait plus de polémique sur les terrains de football. Que nenni !

L’arbitre n’est pas un juge. La nuance peut paraître aux premiers abords pompeuse, mais elle est d’une importance cruciale. Alors que le juge est censé « rendre justice » en appliquant strictement le droit, l’arbitre est pour sa part appelé à trancher entre deux parties en fonction de sa sensibilité. L’arbitrage, contrairement au jugement, fait appel à l’appréciation et l’interprétation de l’arbitre. Deux juges ne peuvent différer sur le jugement d’une affaire, les deux font parler le droit et rien que le droit. Leurs références sont les mêmes et leur sensibilité reste en dehors du processus. Pour les arbitres, la chose est différente. Pour une même faute, deux arbitres peuvent avoir des avis différents. Une faute est parfois sifflable pour l’un et faisant partie du jeu pour l’autre. Les deux ont raison et chacun a sa propre inteprétation de la situation.

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Autre chose négligée par les adeptes de la vidéo, c’est la dimension psychologique. L’arbitre, selon le contexte, le moment et la physionomie du match, ne va pas forcément arbitrer de la même manière. En fonction du scénario du match, le comportement des joueurs et des équipes, il réagira d’une manière différente. Il est bien plus difficile de donner un carton rouge à un joueur à la 3ème minute de jeu qu’à la 75ème, après plusieurs accrochages. Il est également beaucoup plus facile de siffler un penalty pour une équipe, après l’avoir fait pour l’adversaire. Les choix sont dictés par la psychologie de l’arbitre qui vit le match autant que les joueurs et qui fait partie intégrante du jeu. Cette composante humaine ne peut être remplacée par une simple machine, ou une technologie vidéo.

Au tennis, il y a du sens à utiliser la vidéo car dans ce sport il y a des juges-arbitres. La nuance est là aussi d’une importance cruciale, dans ce sens que le juge n’est pas appelé à interpréter ou apprécier en fonction du contexte du match et de sa sensibilité, mais de simplement veiller au respect des règles. Le tennis ne possède pas en lui la dimension psychologique inhérente au football, chose que les pro-vidéo ne prennent pas en compte quand ils font cette comparaison hasardeuse.

La vidéo a été mise en place, pour quel résultat ?

Alors que l’arbitrage était censé régler tous les soucis d’injustice et d’aider les arbitres à prendre les meilleures décisions, on se rend vite compte des limites de ce système. Aujourd’hui la technologie VAR est utilisée uniquement sur les situations de but et les penalties. Imaginons le scénario suivant : Un joueur court pour marquer un but, il est fauché dans la surface et l’arbitrage n’accorde pas de penalty dans un premier temps. Après une consultation vidéo, il se rend compte de son erreur et revient sur sa décision. Le penalty est bien accordé, justice a été faite. Mais ce qu’on ne prend pas en compte, c’est que quelques secondes avant cette situation de jeu, l’arbitre s’est trompé en accordant une touche à la mauvaise équipe. Et c’est cette relance qui amène le penalty. Dans ce cas-là, que fait-on ? Est-ce que réellement justice a été rendue ?

Deuxième problème, la déresponsabilisation des arbitres. Alors qu’ils étaient des acteurs de jeu éminemment importants pour leur dimension humaine et psychologique, aujourd’hui les arbitres se cachent tous derrière cette technologie. Leur interprétation et leur sensibilité ne comptent plus, seule la vidéo et la technologie ont raison. La déshumanisation du football est un tournant qui risque de tuer toute émotion dans le football. La joie de gagner, la tristesse de perdre, le plaisir coupable de battre l’adversaire en trichant et l’injustice, tous donnent des émotions fortes aux acteurs du football (joueurs, entraîneurs, dirigeants, comme supporters). Combien de fois la joie de gagner un match a été multipliée par 100 après que l’équipe supportée ait pris sa revanche sur un précédent match où elle a été flouée par l’arbitrage ? Lors de Raja-EST de 1999, la jouissance de remporter la ligue des champions africaine a été décuplée au vu du scénario du match, des injustices arbitrales à répétition à l’encontre des joueurs marocains. Nous avons tous en tête le 4-0 contre l’Algérie à Marrakech, le 4 juin 2011. Notre joie aurait-elle été aussi forte si l’arbitrage ne nous avait pas défavorisés lors de la défaite 1-0 à Annaba quelques mois auparavant ? Paradoxalement, la déshumanisation du football avec la vidéo va tuer toute émotion dans ce sport.

RTL.fr

Dans ce mondial russe, où pour la première fois la technologie vidéo a été intégrée, le bilan est pour le moins mitigé. Les observateurs ont surtout l’impression que cette technologie n’est là que pour servir les équipes les plus fortes et flouer les plus faibles. Lors du match du Maroc contre le Portugal, l’arbitrage vidéo aurait amené au moins 2 penalties pour le Maroc et annulé le but portugais pour faute sur un défenseur marocain. Mais au final, on se rend compte que cette technologie accentue les injustices, au lieu de les éliminer. Le comble. À la décharge de l’arbitre, on le voit à un moment du match changer son oreillette qui ne fonctionnait pas. Peut-être n’a-t-il pas entendu la requête de l’arbitre vidéo au moment des actions litigieuses car son dispositif ne fonctionnait pas ? Mais là encore, c’est un comble. Installer une technologie déshumanisante, pour qu’au final elle ne marche pas. Résultat des courses : les injustices sont encore plus grandes et les inégalités se creusent. Les arbitres sont plus décriés encore qu’auparavant, alors qu’ils sont de plus en plus déresponsabilisés. Les coupures de match hâchent le jeu et coupent le rythme, ce qui gâche le jeu dont c’est la base.

Certains adeptes de la vidéo expliquent qu’elle devrait être généralisée à toutes les actions pour qu’elle devienne imparable. Cela rappelle l’époque où l’URSS mourait à petits feu et où les plus acharnés de cette structure politique vouée à l’échec expliquaient que « si le communisme ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de communisme ».

L’arbitrage vidéo a assez fait de dégâts comme cela et il est sans doute déjà temps que ça s’arrête.

Je suis passionné de nutrition et de gastronomie marocaine. Mon combat est de faire reconnaître que les deux sont complémentaires. Je suis également passionné de voyage et de découvertes, mais on dit que la plus belle chose à offrir au monde c'est soi. Alors j'aime les traditions et voue un culte déraisonné pour celles de notre pays.

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