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Marocain et gay, je suis marié à une femme et j’ai 2 enfants

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Sortir du placard n’est pas chose aisée. Surtout dans la société dans laquelle on vit. Pourtant Karim se rend compte aujourd’hui qu’il a commis une erreur en ne s’assumant pas et en allant loin. Trop loin selon lui. L’histoire touchante d’un gamin paumé qui a tout fait pour être « normal ». Qu’est ce que la normalité après tout. 

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Je m’appelle Karim. J’ai 35 ans. J’ai toujours su que j’étais homosexuel. Depuis petit, je suis plus attiré par les poupées de ma soeur, et le placard de ma mère que les voitures ou les jeux vidéos. J’adore le foot, je suis sportif et je fais virile. C’est ce qu’on me dit. J’ai donc tout misé sur ça pour me cacher. Je vis à Kénitra, ma famille est conservatrice. Il n’a jamais été question que je fasse mon coming out à qui que ce soit. Ni à mes amis , encore moins à ma famille.

Je tombe pour la première fois amoureux d’un homme, dans les vestiaires après un match. Il était dans mon équipe. Un hétéro mais j’avais développé des sentiments pour lui. C’est une des premières fois où je comprenais que j’étais attiré par les mecs. Mais j’avais toujours des copines à mes bras pour faire genre. J’étais considéré comme un tombeur .Je mentais à tout le monde, même à moi même.

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J’étais un élève brillant. J’ai eu une bourse pour aller faire mes études en France. A 18 ans, j’arrive seul à Grenoble et ma vie change. Les gens sont libres, m’acceptent comme je suis , m’aiment, ne me jugent pas. Je deviens moi même. Je suis moi. Je rencontre Alex, un gars qui fera tout pour être avec moi. Il m’apprend l’amour, la vie à deux, ne pas avoir honte de ce qu’on est. On est amoureux et c’est ce qui compte. Je n’ai jamais été aussi heureux qu’à cette époque là. J’avais mes études que j’adorerais, un homme que j’aimais, un cercle d’amis. Quand je rentrais au Maroc pour les vacances, j’étouffais mais je faisais semblant. Que pour quelques jours. Ce n’était pas bien grave. Je revenais avec un sentiment de culpabilité .Comme si j’avais fait du mal, que j’avais péché. Hram hadchi. L’amour est hram ? Pour moi, il l’était.

Même heureux, je n’arrivais pas à vivre avec ce sentiment de culpabilité. Mes études terminées, ma mère me met la pression pour rentrer au pays. « Baraka a waldi, rentre à la maison ». Je m’exécute. J’avais l’impression qu’elle avait compris, qu’elle avait senti que je m’éloignais du droit chemin. Mais en rentrant au Maroc, je signais mon arrête de mort quelque part. Plus de vie amoureuse, plus d’Alex. Mais je ne pouvais pas faire autrement. Je suis rentré pour ma famille et parce que je n’assumais pas moi même d’être gay. La première année, après avoir trouvé un bon poste en tant que consultant, ma mère m’a forcé à me marier. J’ai rencontré Sarah au boulot.Une fille bien. De bonne famille. On s’est mariés très vite et on a eu deux enfants. Je me force à vivre une vie qui n’est pas la mienne. J’ai découvert le monde de Grinder où je me réfugie des fois pour fuir. Mais je me dégoute. Je n’aime pas ce que je suis devenu.

Aujourd’hui, j’ai deux magnifiques enfants qui n’ont rien demandé. Ma femme qui est là pour moi même si elle se doute que je ne l’aime pas, je pense même qu’elle sait que je n’aime pas les femmes tout court. Ils sont les conséquences de décisions prises à cause de la société , de la famille. A chaque fois que j’ouvre les yeux le matin, je pense à Grenoble, à la liberté. Pourquoi suis je rentré…Je suis allé beaucoup trop loin.

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