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Dina El Omary, la transsexuelle marocaine qui rêve d’un Maroc où elle peut être libre

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Dina Omary est une femme courageuse. Née dans le corps d’un homme, orpheline, seule, elle a dû faire face à beaucoup d’épreuves. Son identité sexuelle était une évidence, mais ce n’est que tard qu’elle a commencé sa transition pour devenir elle-même. Dans une société ultra-conservatrice, elle détonne, s’assume et avance forte devant elle. Quitter le Maroc ? Jamais nous dit-elle. Welovebuzz l’a rencontrée pour qu’elle nous raconte son parcours.

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Peux-tu te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Dina, le prénom dans lequel je me sens le plus à l’aise en ce moment, surtout depuis que j’ai pris la décision de devenir moi-même et d’entamer ma transition. J’étais orpheline de naissance, j’ai grandi à Taroudant. J’ai fait mes études jusqu’à mes 18 ans. Il fallait que je sorte de l’orphelinat à ce moment-là. J’ai alors trouvé une association belge à Agadir qui m’a aidé pour que je puisse passer mon baccalauréat.

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Depuis mon enfance, je souffrais d’une sorte de tourmente intérieure, et un conflit avec la société, parce que j’avais des gestes efféminés. J’ai longtemps entendu que je devais me comporter comme un homme. J’ai été frappé à de multiples reprises. Mais j’ai tout gardé pour moi.

 

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Quand est-ce que tu as fait ton coming-out ?

Dès que j’ai pris mon bac, à 19 ans, j’ai tout déballé sur les réseaux sociaux. J’ai parlé de mon orientation sexuelle, de mon droit de vivre comme je le souhaite, que je suis une personne comme les autres, que je veux donner beaucoup de choses, mais je suis brimée et sous-estimée.
Je continuais de poster du contenu concernant mon identité sexuelle sur Instagram et Facebook, j’en parlais avec des journalistes qui écrivaient des articles sur moi. C’est à ce moment-là que les problèmes ont commencé, puisque je suis la première transsexuelle marocaine à en parler aussi librement. Les portes se fermaient les unes après les autres. Je n’ai pas pu finir mes études à la faculté, ni ma formation.
J’ai été frappée à Taroudant et Agadir, des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux sur moi. Alors j’ai décidé de partir recommencer ma vie à Tanger. Un ami belge m’a aidée à trouver du travail, à me reconstruire. Dès que je suis arrivé à Tanger, j’ai fait une formation en éducation/animation. En 2017, j’ai commencé ma transition médicale. J’ai commencé à m’habiller comme je le souhaite. Je mettais du maquillage pour aller au travail. J’ai même fait une formation pour devenir make-up artiste.

Récemment, tu es partie en Turquie pour te faire opérer…

Je suis partie me faire opérer la poitrine. J’ai changé certaines choses chez moi pour avancer dans ma transition. Maintenant, je me sens plus épanouie. Quand je me regarde dans le miroir, je me sens bien dans ma peau. Je suis à l’aise dans mon physique actuel.

 

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Quel est le problème auquel tu es souvent confrontée en tant que femme transexuelle?

Le problème au Maroc se pose quand tu as une identité et que tes papiers en désignent une autre. La société marocaine ne l’accepte pas. Ça a toujours été comme ça, même au tout début de ma transition. Je suis arrivée au stade où je m’en fous. Je m’assume et c’est tout. J’en ai marre de faire plaisir aux autres ou de penser aux autres. Je veux vivre comme je le veux et avec l’orientation sexuelle que je souhaite adopter.

Tu ne caches pas ton identité sexuelle dans la rue. Tu sors en tant que transexuelle ?

Je sors en tant que femme. La plupart du temps, les personnes ne se rendent pas compte que je suis transsexuelle jusqu’à ce que je sorte mes papiers, ou bien qu’ils me scrutent ou qu’ils entendent ma voix. Ils sont choqués.

Je ne laisse personne me juger. Seul dieu qui m’a créée peut le faire. Mes croyances m’appartiennent. Je n’ai pas choisi de naître ainsi. Qu’on m’empêche de finir mes études, qu’on me persécute, qu’on ne m’accepte pas ou qu’on ne me laisse pas jouer mon rôle dans la société, je trouve ça aberrant.

 

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Quel message voudrais-tu faire passer aux personnes qui sont comme toi et qui n’osent pas s’assumer au sein de la société marocaine ?

La société marocaine est très conservatrice, imbibée de traditions et imprégnée du regard de l’autre. La plupart des personnes ont peur pour leur réputation, et non pas pour leurs croyances. Mon conseil quand je rencontre des personnes comme moi est de leur dire de patienter, de se faire une place, de prendre leur indépendance avant d’oser faire leur coming out. Comme ça ils ne tombent pas dans des situations, où ils se retrouvent sans rien, et qui pourront les mener à des tentatives de suicide.

D’où vient ta force pour rester debout malgré tout ?

Je suis orpheline, donc je n’ai personne à qui rendre des comptes. D’autre part, plus les gens vont me critiquer et me persécuter, plus j’en serai forte et je serai présente. J’ai eu des opportunités pour partir, pour demander asile dans d’autres pays. Moi, je veux être là dans mon pays, rester, je veux donner à mon pays. Pourquoi fuir ? Pourquoi ne pas avoir le droit de vivre librement son identité sexuelle au Maroc ?

Humaniste, je cherche avant tout à raconter des histoires qui peuvent vous inspirer. Journaliste dans l'âme depuis mon plus jeune âge.

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