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La légalisation du cannabis au Maroc a des conséquences sur la France

Par le 4 janvier 2022 à 11:36

Après la légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques au Maroc, la police française envisage un sérieux impact sur le marché français. Rapporte Europe1.

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Le trafic et la consommation de cannabis sont sévèrement sanctionnés au Maroc. L’usage, par exemple, est très souvent puni d’une peine d’emprisonnement et les personnes poursuivies pour trafic augmentent de 17% chaque année. En revanche, historiquement, la production est tolérée dans certains territoires, en particulier dans la vallée du Rif au nord-est du pays, une région peu développée où le pouvoir central y est peu présent.
Raison pour laquelle, les autorités marocaines voient dans le cannabis thérapeutique une façon de reprendre du terrain, notamment en permettant à environ 40.000 producteurs sous le coup d’un mandat de recherche de réintégrer l’économie légale et sortir de la clandestinité.
Mais la nouvelle loi promulguée cet été au Maroc légalisant le cannabis médical dans le pays pourrait avoir des conséquences directes sur le marché illicite français. Selon les premières projections, il est prévu que 30% de la surface cultivée du cannabis soit réservée à cette activité légale. Cela constituerait « une perte pour les trafiquants de stupéfiants », entrevoient les policiers spécialisés.
L’office anti-stupéfiant (OFAST) prévoit une « période de transition nécessaire aux trafiquants pour mettre en œuvre leur stratégie ». Ce qui aurait des répercussions provisoires sur l’approvisionnement des marchés, qui même ponctuelle, ferait mécaniquement augmenter le prix du cannabis.
Autre conséquence, ce nouveau marché légal pourrait pousser les organisations criminelles à se démarquer et produire des résines encore plus concentrées en THC, des produits très recherchés par les consommateurs français. Cette drogue est aussi vendue à des prix plus élevés (entre 15 et 25 euros le gramme, contre 8 euros pour la résine classique).
Outre l’impact de cette nouvelle législation sur les organisations criminelles locales – le cannabis illégal génère environ 19 milliards d’euros par an et fait vivre entre 90.000 et 140.000 familles selon un rapport de 2019 –, « cette intensification des violences entre groupes rivaux pourrait ainsi se manifester […] également sur le territoire français ».
Enfin, si la mise en place de la légalisation du cannabis thérapeutique ne permettra sans doute pas d’endiguer les trafics, elle pourrait cependant développer de nouvelles formes de criminalité. Notamment avec l’arrivée possible d’investisseurs étrangers dans la vallée du Rif au sein de la filière de cannabis légal. Phénomène qui a déjà été observé en Argentine depuis la légalisation du cannabis médical dans le pays.
Le Maroc veut devenir un acteur central du cannabis légal sur le marché européen. Mais « le pays pourrait ne pas être assez concurrentiel », en raison des autres pays déjà leaders sur le marché comme les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas, le Danemark, le Portugal ou la Grèce plus récemment. Autant de raisons pour les policiers français de voir dans ce positionnement stratégique du Royaume chérifien une potentielle source de nouvelles tensions entre cultivateurs et entre trafiquants de stupéfiants.
Pour rappel, le Maroc est le premier producteur mondial de résine de cannabis. Près de 3.000 tonnes seraient ainsi produites chaque année sur une surface cultivée estimée de près de 50.000 hectares.

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