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Soufiane Ottmani, ce voyageur marocain qui a réussi le pari fou de faire le tour du Maroc en pleine pandémie

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Soufiane Ottmani fait partie des ces voyageurs qui n’ont pas peur de sortir de leur zone de confort. Ce jeune marocain de 30 ans a vu sa vie entièrement bouleversée par la pandémie Covid, mais pas dans le mauvais sens. Cette période difficile lui a permis de trouver un nouveau mode de vie où il vadrouille partout tout en menant de front sa vie d’ingénieur. Cet exemple de vie mérite qu’on s’y penche de plus près.

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Le natif de Rabat réussira à vous faire voyager avec ses publications à l’esthétique très léchée, et vous faire voyager sans que vous quittiez votre siège. Welovebuzz a rencontré le jeune homme qui s’est confié à coeur ouvert, alors qu’il est en train de finir le tour du Maroc, qu’il a commencé en octobre 2020.

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Présente toi en quelques mots pour les gens qui ne te connaissent pas.

Je m’appelle Soufiane Ottmani, j’ai 30 ans. Je suis natif de Rabat, et originaire d’Essaouira. J’ai vécu à Rabat toute ma vie jusqu’à l’âge de 20 ans. J’ai fait mes prépas au lycée Moulay Youssef. Après je suis allé en France, à Lyon, en école d’ingénieur. Depuis septembre 2010, je réside en France. J’ai fait une année de césure aux Pays-Bas. J’y suis retourné pour quelques mois. Ensuite j’ai été embauché chez Amadeus au sud de la France, en tant qu’ingénieur.

Quand est-ce que tu t’es lancé dans cette aventure de voyage ?

Le voyage me passionne depuis toujours. Je voyageais à petite échelle. Après quelques voyages, je me suis rendu compte qu’en fait il ne fallait pas autant de budget que ça. Du coup, j’ai accéléré la cadence en 2016.

Quand j’aime quelque chose, j’aime aller jusqu’au bout. Pourquoi ? Mes parents m’ont inscrit à faire beaucoup de choses. Au final, j’étais un peu moyen dans tout. Je n’ai pas trop aimé, alors j’ai essayé d’identifier les choses qui me tiennent beaucoup à cœur et percer dedans. J’ai identifié la danse, les voyages, et les amis.

Cette passion de voyage a commencé en France. Je voyageais beaucoup avant la période Covid-19, pour la danse. Une fois par mois, depuis 2017, je fais des concours et festivals de danse dans le monde.

Quand as-tu eu le déclic de documenter tes voyages sur Instagram ?

En septembre, j’avais 300 abonnés, depuis janvier ça a explosé. Pendant le confinement, je me suis vraiment lancé sur Instagram. Vu qu’on était contraint de rester chez soi, je racontais ma vie sur Instagram, en story, de 6h du matin au soir. Tous mes jours du confinement – pendant deux mois – sont documentés sur ma page. Ça me motivait à aller vers l’extravagant, à sortir de ma zone de confort, et le but était simple : Motiver les gens.


Le déclic est venu après le confinement. On avait 10.000 fois plus de liberté, on apprécie les choses encore plus. 2020 est l’année où j’ai le plus voyagé dans ma vie. Ce n’était pas envisageable pour beaucoup de personnes. Pourtant, j’ai dû rester à Nice, 1 semaine par mois, pendant toute l’année 2020. J’ai visité une tonne de pays, d’îles, effectué des tests PCR à tort et à travers.

Il s’agit juste d’une question d’organisation, et c’est même encore mieux qu’avant. J’ai fait le tour de pleins d’îles, Malte, Chypre, Madère, la Corse, etc. Ce qui m’a le plus touché, c’est que là où j’allais, c’était plus authentique, personne n’y allait, donc c’était un régal.

Tout était beaucoup moins cher, mes vols me coûtaient en moyenne 10 euros, l’aller simple. J’avais mes billets d’avion planifiés pour l’année. Même si j’y allais pas, c’était pas grave.

Comment tu fais pour concilier ton job et ta vie de voyageur

Au début, c’était un peu dur de concilier les deux. En fait, j’ai essayé d’aménager mon travail. En fonction des activités que je veux faire, j’aménage mon emploi du temps. Je place mes réunions à des moments où je ne bouge pas, ou si je suis dans un endroit où il n’y a pas internet, je prends carrément des jours off. Quand c’est des moments un peu hardcore, genre randonnée, je prends des jours. Quand je suis en vadrouille en ville, mon job me permet de décaler les réunions, etc.

Je peux travailler avec mon téléphone. Tant que mon travail est bien fait, il n’y a pas de soucis. Mon boss est au courant que je suis au Maroc, et il m’encourage.

Avant le Covid-19, je n’avais pas ce luxe. Depuis la pandémie, on a adopté le télétravail comme tout le monde. Depuis le premier déconfinement, j’ai commencé à tester ce que je peux faire pour profiter du fait que je peux télétravailler afin de voyager. Je me suis rendu compte que c’est juste une question d’organisation.

Toutefois, documenter mes voyages me prend énormément de temps, j’ai une vie d’ingénieur à côté, un poste de responsabilité de chef de projet. Plus je grandis sur Instagram, plus les exigences sont plus hautes. J’anticipe tout dans mes voyages, je dessine mes itinéraires et de là je pense au contenu que je vais faire. Je réfléchis à plein temps. Je bosse tout le temps.

La pandémie t’a réussi on dirait …

C’est pas qu’elle m’a réussi, elle m’a changé ma vie. J’ai compris plein de choses. Ma personnalité, mon caractère, ma perception de la vie, de la religion ont complètement changé. Au final, chaque erreur est un potentiel. Chaque pandémie ou crise, il faut essayer d’en tirer profit.

Quand a germé l’idée de faire le tour du Maroc en pleine pandémie Covid-19 ?

J’étais à Majorque, en mi-octobre. Il me restait deux jours pour partir en Grèce. Un jour avant mon retour en France, le deuxième confinement a été décidé. Je ne voulais pas repartir en France. J’ai pensé aux parents qui sont au Maroc. J’ai pris mes affaires et j’ai cherché mille et une solutions pour aller de Majorque au Maroc. Et j’ai réussi à rentrer.

Je suis venu au Maroc, fin octobre, dans le flou. Je n’avais même pas annoncé ça à mon chef. Mais j’ai quand même pris le risque. J’avais en tête de rester quelques mois pour faire le tour du Maroc. Je ne pensais pas que j’allais rester 10 mois et faire finalement le vrai tour du pays.


Je me suis fait un cadeau pour mes 30 ans, de visiter tout le Maroc, Nord, Sud, Est, Ouest, peu importe le nombre de jours que cela va prendre. Je veux représenter le Maroc à sa réalité et à sa juste valeur. Je suis allé à la rencontre des gens, jusqu’à la frontière mauritanienne, espagnole et algérienne, pour dormir chez eux. Et le faire au maximum en transport en commun pour vraiment le vivre à l’état pur. Louer des voitures quand c’est nécessaire pour aller dans des endroits reculés.

C’était un challenge personnel à la base, de traverser le Maroc et connaître mon pays. À 30 ans, c’était essentiel pour moi. Un retour aux origines qui m’a permis de mieux me connaître. Je connais mon pays en long et en large, je connais les mentalités, je pourrais en parler fièrement. Je me suis imprégné du folklore.

En pleine pandémie, il y avait des restrictions, les déplacements intervilles qui sont interdits. Comment tu faisais pour faire face à ça ?

J’essayais de toujours déjouer ces contretemps, trouver le moyen le plus safe pour ne pas casser mon voyage. J’ai réussi à l’anticiper. Il n’y a pas eu un seul voyage où j’ai été embêté.

Quel message veux-tu transmettre avec ce que tu fais ?

L’objectif c’est de faire connaître le vrai Maroc à l’étranger aux Marocains. Mon message en tant que résident européen, je suis bluffé par ce qu’on trouve ici. Dans les vidéos à 90% du temps, on n’a pas l’impression qu’on est au Maroc. Le message c’est de faire découvrir le Maroc autrement, d’encourager le tourisme local et essayer de lier les Marocains entre eux, faire réaliser aux Marocains la variété de leur pays : Avoir le désert, la neige, la mer à 1h de distance, c’est juste ouf. On n’a pas à se plaindre.

Quels sont les nexts steps ?

Je vais continuer à parler en anglais et en arabe pour ma communauté, les faire voyager là où je vais. J’ai pas mal d’autres projets pour le Maroc que je vous laisse découvrir bientôt.

Faire la publicité du Maroc à l’étranger, encourager les Marocains Résidant à l’Étranger à venir visiter leur pays pour qu’ils soient fiers de là d’où ils viennent.


Je veux aussi mettre la lumière sur certains endroits touristiques oubliés, qui sont délaissés et qui mériteraient d’avoir notre attention. C’est des petits messages aux autorités.

Par la suite, mon rêve c’est de faire le tour du monde. Je veux goûter les pays, d’y aller et rester longtemps. Le next step c’est de faire la France en long et en large, la faire découvrir à tout le monde. Je continuerai ainsi à travers tous les pays où je peux faire ça.

Humaniste, je cherche avant tout à raconter des histoires qui peuvent vous inspirer. Journaliste dans l'âme depuis mon plus jeune âge.

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